Ma pratique d’évaluation personnelle : changements à faire en vue de l’automne 2021 [Billet 4 – DDD9691]
Je suis consciente que les évaluations que je fais ne sont pas appropriées pour une approche par compétence des programmes en sciences de l’éducation (MEQ, 2020). Les lectures de l’Activité 3.3 m’ont permis de trouver des pistes de changements pour l’évaluation des apprentissages pour mes cours de l’automne 2021 : les situations authentiques et les e-évaluations.
Avant de me lancer dans les évaluations en situation authentique (Prégent et al., 2009) dans mes cours, je dois sans aucun doute m’assurer de l’alignement pédagogique. Il est fort probable que je doive faire des changements à mes objectifs d’apprentissages et mes activités pédagogiques pour ne pas me retrouver avec un problème d’alignement (Gérard, 2015). Toutefois, au-delà de cela, j’ai quand même quelques réticences à entreprendre un aussi grand changement étant donné mon statut de chargée de cours. Est-ce que l’on va me critiquer de faire une évaluation différente des autres sections du même cours ? Suis-je autorisée de faire un tel changement au plan de cours cadre qui a été approuvé par le Comité d’agrément des programmes de formation à l’enseignement [1] ? Est-ce qu’avec une évaluation authentique dans mes cours j’empiète sur les stages des programmes de baccalauréat en éducation ? Je suis également inquiète quant au temps de « correction » nécessaire pour les situations authentiques malgré une grille d’évaluation descriptive. Avec mon expérience d’enseignante au primaire d’évaluations de situations authentique, je devrai prévoir encore plus de temps alors que j’aimerais consacrer moins de temps à l’évaluation dans mes cours de formation initiale des maitres. Cela m’amène à un autre élément auquel je dois encore réfléchir avant de faire des changements à mes évaluations : les rétroactions. Si je vais de l’avant avec les évaluations en situation authentique, il me faudra rédiger des rétroactions pour supporter l’apprentissage (Rodet, 2000). Est-ce que je serai en mesure de remettre les rétroactions aux étudiants avant la fin du cours pour en discuter avec eux ? Est-ce que mes étudiants vont prendre le temps de lire ces rétroactions si elles leur sont remises après la fin du cours ?
Je pourrais me tourner vers les e-évaluations, une solution qui me semble plus à ma portée. Il faudrait beaucoup de temps en conception, mais ensuite il n’y aurait pas de « corrections » à faire puisque les rétroactions sont automatiques. J’ai peur que cela entraine un nivèlement des notes de mes étudiants, ce qui ne serait pas apprécié par la direction de mon département.
Tel que mentionné par Durand et Chouinard (2006), il y a un changement de paradigme pour les étudiants aussi et il s’agit selon moi d’un poids peut-être trop lourd à porter sur mes épaules de chargés de cours. Je suis donc encore ambivalente à l’heure actuelle sur les changements que je vais « réellement » faire pour l’automne 2021 étant donné mon contexte. Ce n’est pas la volonté ou le temps qui manque, mais plutôt la marge de manœuvre dont je dispose qui me freine un peu.
Références
Durand, M.-J. et Chouinard, R. (2006). L’évaluation des apprentissages : De la planification de la démarche à la communication des résultats. Montréal : Éditions Hurtubise HMH.
Gérard, L. (2015). L’alignement pédagogique : un concept clé en pédagogie universitaire. Récupéré de https://cooperationuniversitaire.com/2015/08/25/lalignement-pedagogique-le-concept-cle-en-pedagogie-universitaire/
Prégent, R., Bernard, H. et Kozanitis, A. (2009). Évaluer des compétences en situation authentique. Dans Enseigner à l’université dans une approche-programme (p. 137-189). Montréal : Presses internationales Polytechniques.
Québec. Ministère de l’Éducation. (2020). Référentiel des compétences professionnelles : Profession enseignante. Québec : l’auteur.
Rodet, J. (2000). La rétroaction, support d’apprentissage ? DistanceS.
[1] Pour plus d’informations voir : https://www.quebec.ca/index.php?id=7259
Bonjour Sabrina,
RépondreSupprimerJe suis curieuse car je ne connais pas le fonctionnement du milieu universitaire lorsque tu te questionnes à savoir si tu as l'autorisation de faire un changement au plan de cours cadre, est-ce que ce plan-cadre régit tes modes d'évaluation? Est-ce qu'il décrit le type d'évaluation que tu devrais privilégier?
Au collégial, nous avons aussi des plans-cadre. Dans le collège où je suis les méthodes et outils d'évaluation indiqués dans le plan-cadre du cours sont généralement suggérés mais pas obligatoires. Les critères d'évaluation eux le sont par contre.
Pour ce qui est de la charge de travail avec une évaluation en situation authentique et une grille descriptive, bien que cela puisse paraître fastidieux, je peux t'assurer que c'est un gain de temps énorme, mais surtout cela permet de faire de la rétroaction efficace aux étudiants. Personnellement, je travaille de cette manière depuis presque toujours, et j'améliore mes grilles à chaque année, et je suis toujours ébahie par la quantité et la richesse de la rétroaction que je peux transmettre à mes étudiants uniquement en utilisant la grille descriptive analytique. Il est certain que la création de ces documents demande elle un temps considérable, mais crois-moi, bien investi! Après 6-7 ans, j'utilise encore mes grilles descriptives d'origine améliorée, mais surtout peu importe le projet que je donne à mes étudiants je peux la réutiliser, elle n'est pas contextuelle! Ainsi, sur 3 évaluations dans la session j'utilise la même grille mais j'accorde des poids différents aux critères d'une évaluation à l'autre. C'est très facilitant!
Je te souhaite de bonnes réflexions sur le sujet!
Katy