3e billet

Je dois commencer par admettre que la version intensive du cours en seulement 3 semaines permet peu de recul. Toutefois, il en demeure pas moins que deux nouvelles connaissances vont m’être particulièrement utiles pour planifier mes prochains cours: la démarche ADDIE (Branch, 2008) et l’alignement pédagogique (Gerald, 2015). C’est une grande transformation pour moi puisque sur le Forum du cours je vous partageais ma préparation intuitive que je n’évaluais malheureusement jamais. Dès demain, j’entreprendrai la phase de développement de mon activité en suivant le plan élaboré au travail noté 2A.

L’enseignement à distance pour la conception d’activités en lignem’a permis d’explorer de nouvelles modalités d’activités (p.ex. blogue, wiki, séminaire virtuel) que je pourrai éventuellement intégrer à mes cours. Cela m’a fait prendre conscience en tant qu’enseignant de leurs avantages et limites respectives. Prendre part à un cours entièrement en ligne a nécessité une transformation aussi de ma pratique d’étudiante que je vais prendre en considération dans mon enseignement à l’automne. Il ne faudra pas négliger le « nouveau » métier d’étudiant à distance et j’espère que mon expérience avec le cours DDD9651 me permettra aussi de les accompagner.

Je crois que l’enseignement à distance pour l’encadrement de mes étudiantsm’a permis d’explorer d’autres modalités d’encadrements que les courriels (p.ex. forum de cours, séminaire, tutorat) et vouloir me renseigner sur TEAMS. J’ai toujours aussi peur en tant qu’enseignante de la montagne de courriel et du temps que cela pourrait me prendre à gérer. Je me questionne toujours sur les interactions entre les étudiants. Mon expérience d’étudiante à distance n’aurait pas été aussi positive sans le mentorat avec Marie-Claude Petit. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai décidé d’inclure du mentorat dans mon activité pédagogique et que je vais continuer à approfondir ce type d’activité (Depover, De Lièvre, Péraya, Quitin, Jaillet et Baron, 2011). Toutefois, je crois que mes interactions avec les autres étudiants auraient pu être plus riches et abondantes. Peut-être est-ce par que je suis une «visuelle» et que j’ai de la difficulté à entrer en interaction sans avoir «vu» la personne ?

Finalement, je suis heureuse que le cours s’inscrive dans l’approche SoTL et que le fruit de mes efforts servira aussi à la fin du Programme court en pédagogie universitaire et environnement numérique d’apprentissage, à ma communauté scientifique. En espérant que le milieu académique accorde éventuellement une plus grande place à la qualité de l’enseignement.

Sabrina

Références 
Branch, R. M. (2008). Instructional design : the ADDIE approach. New York : Springer.
Depover, C., De Lièvre, B., Péraya, D., Quintin, J.-J., Jaillet, A. et Baron, G. L. (2011). Le tutorat en formation à distance. Bruxelles : Groupe De Boeck.
Gerard, L. (2015). L’alignement pédagogique : un concept clé en pédagogie universitaire. 
https://cooperationuniversitaire.com/2015/08/25/lalignement-pedagogique-le-concept-cle-en- pedagogie-universitaire/ 
Langevin, L., Grandtner, A.-M. et Ménard, L. (2008) La formation à l’enseignement des professeurs d’université : un aperçu. Revue des sciences de l’éducation, 34(3), pp. 643-664. https://www.erudit.org/en/journals/rse/1900-v1-n1-rse2889/029512ar/ 

Commentaires

  1. Je sais que la consigne est de ne pas commenter deux billets d’un même collègue, mais je le fais néanmoins, en raison justement de ce contexte de crash course que j’évoquais dans mon troisième billet, qui nous incite à réagir aux publications des étudiants les plus réactifs.
    Il est vrai que la formule du cours ne permet pas de prendre beaucoup de recul. Les démarches ADDIE et SoTL, par ailleurs, en demandent passablement. Je retiens surtout, pour le moment, l’importance de la phase de l’analyse, dont découlent tous les autres choix. Cette phase a été l’occasion pour moi de faire remonter à la surface plusieurs de mes prédilections inconscientes et, du même coup, de me rendre compte 1. de la manière dont j’analyse la place de mon cours dans le cheminement du programme et dans celui des étudiants, et 2. de la façon dont je « préconstruis » les étudiants (leurs compétences, leurs intérêts, leurs besoins, etc.).
    En ce qui concerne la conception des activités, l’une des notions qui m’a donné le plus de fil à retordre est celle de « plus-value du numérique ». Pour l’instant, j’en suis plutôt à me demander comment le numérique peut pallier la présence en classe, et non comment il peut l’enrichir, voire l’augmenter (comme on parle de « réalité augmentée »). Comme vous, l’expérience d’avoir suivi un cours entièrement en ligne aura été déterminante, et je récupérerai certainement ce « vécu » dans la planification de mon cours, entre autres en ayant des attentes plus réalistes vis-à-vis des étudiants… et de moi-même ! Vous avez raison : être étudiant en ligne est un métier, enseigner en ligne aussi, et il ne faut pas perdre de vue le temps à investir pour simplement faire fonctionner le canal de communication, chose qui, en mode présentiel, se réalise sans y penser et simultanément aux autres tâches de l’enseignement.

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  2. Je trouve pertinent que vous souleviez le point des interactions en FAD. Il me semble qu'en présentiel, tout est plus spontané et aisé en ce qui concerne les échanges. Or dans une perspective constructiviste (Ménard et St-Pierre, 2014) et en communauté de recherche (Garrison, 2017) l'apport des interactions sociales est essentiel pour provoquer un choc cognitif entre les différentes représentations des étudiant.e.s afin qu'ils et elles les transforment et donc apprennent. Comment allons-nous gérer les communications et quel outil nous semblera le plus pertinent? Par ailleurs, vous mentionnez l'importance de l'accompagnement et du tutorat dans la FAD qui rappelle le socioconstructivisme où l'enseignant est un tuteur qui accompagne l'étudiant jusqu'à ce qu'il puisse "faire seul" (Ménard et St-Pierre, 2014). Le rôle de l'enseignant formateur est donc à revoir en FAD, notamment, comme vous le soulevez ainsi que Robert Dion dans son troisième billet sur son blogue, en concevant des activités qui respectent l'alignement pédagogique et la démarche ADDIE. Je crois que le plus grand défi pour nous cet automne sera donc de concevoir des activités qui respectent "l'esprit" de la FAD tel que nous l'avons découvert dans ce cours et de s'approprier une démarche SoTL pour la pratique réflexive. Bonne suite!


    Garrison, D. R. (2017). E-learning in the 21st century: A framework for research and practice. (3e éd.). New York: Taylor & Francis.
    TEXTE INTÉGRAL – BIBLIOTHÈQUES UQAM http://lien.uqam.ca/hGWY6db

    Ménard, L. et St-Pierre, L. (2014). Paradigmes et théories qui guident l’action. Dans Se former en pédagogie de l’enseignement supérieur (pp.17-34). Montréal : Collection PERFORMA AQPC. LIVRE IMPRIMÉ http://virtuolien.uqam.ca/tout/UQAM_BIB001234613


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